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Espagne : au moins 68 morts dans une collision entre deux trains à grande vitesse

Mercredi, une rame à grande vitesse de la compagnie privée Iryo et une autre de l'opérateur public Renfe se sont percutées près d'Urda, à une centaine de kilomètres au sud de Madrid. Sur les rails, au moins 68 morts et des dizaines de blessés.

Espagne : au moins 68 morts dans une collision entre deux trains à grande vitesse

8 h 54. Sur la ligne Madrid–Andalousie, l'une des artères les plus fréquentées du réseau espagnol, deux trains de voyageurs entrent en collision frontale. Des wagons déraillent et basculent en contrebas du talus. En quelques minutes, le petit village d'Urda, dans la région de Castille-La Manche, devient l'épicentre d'une tragédie nationale. Ambulanciers, pompiers, Guardia Civil et hélicoptères du ministère de l'Intérieur convergent vers la ferraille enchevêtrée, tandis que des voyageurs encore sous le choc marchent le long de la route, valises à la main.

Le président de Castille-La Manche, Emiliano García-Page, a confirmé en début d'après-midi un bilan d'au moins 64 victimes, réparties entre les deux rames, en avertissant : « Ce chiffre va probablement encore augmenter », les zones les plus profondes des wagons restant difficiles d'accès pour les secours.

Un pays en état de choc

La nouvelle a figé l'Espagne, plongée depuis le matin dans une journée de deuil. Le Premier ministre Pedro Sánchez, qui s'est dit « consterné », a annulé l'ensemble de ses engagements et suspendu la campagne de son parti, alors que les élections législatives sont prévues le 29 novembre. Le roi Felipe VI a déploré « une terrible tragédie », et plusieurs dirigeants européens ont fait part de leur émotion, l'Élysée exprimant la solidarité de la France.

Le drame frappe d'autant plus les esprits qu'il survient neuf mois après la collision d'Adamuz, en Andalousie, qui avait coûté la vie à 46 personnes en janvier. À l'époque, le gouvernement avait promis 1,8 milliard d'euros pour rénover l'infrastructure, renforcer les effectifs et améliorer la sécurité. Une annonce qui, aujourd'hui, alimente la controverse. L’opposition avait déjà dénoncé un entretien insuffisant du réseau, fierté nationale avec ses 4 000 kilomètres de lignes à grande vitesse.

Deux collisions en un an, la sécurité ferroviaire questionnée

L'enquête vient à peine de s'ouvrir, mais l'hypothèse d'une erreur humaine circule déjà dans plusieurs médias, sans confirmation officielle. Les autorités devront déterminer comment deux rames ont pu se retrouver sur la même voie, alors que la ligne est censée être gérée par des systèmes de signalisation redondants. En janvier, le scénario d'Adamuz, un train Iryo déraillé heurtant une rame Renfe en sens inverse, avait déjà posé la question de la coordination entre opérateurs privés et publics sur des voies partagées.

Le bilan, encore provisoire, devrait être précisé dans les prochaines heures. C'est la plus grave catastrophe ferroviaire qu'ait connue le pays depuis le déraillement de Saint-Jacques-de-Compostelle en 2013 qui avait fait 80 morts.

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