Laurent Zomaï : de la mobilisation des jeunes à la tête du Zou, une décennie d'un seul tenant

Laurent Zomaï : de la mobilisation des jeunes à la tête du Zou, une décennie d'un seul tenant

Il n'a jamais attendu qu'on lui tende un poste. Pendant une décennie, Laurent Zomaï a construit, mobilisé, convaincu et souvent dans l'ombre, rarement sous les projecteurs. Sa nomination à la préfecture du Zou, le 3 juin 2026, n'est pas le début de son histoire. C'en est, peut-être, le premier grand chapitre visible.

Par ADIGNON Camor • 24,100 vues • Lecture : 4 min • Publié le 04 June 2026

Il est des parcours qui se lisent d'une traite, comme un texte sans ratures. Celui de Laurent Zomaï est de ceux-là. Depuis les premières heures du régime Talon, ce natif du Mono a choisi un camp, celui des réformateurs, et n'en a jamais dévié. Pas par calcul. Par conviction. Et c'est précisément cette cohérence sur la durée qui fait de sa nomination à la tête du département du Zou bien autre chose qu'une simple décision administrative.


Tout commence au début des années 2010, quand le Bénin cherche encore sa voie entre velléités de rupture et résistances institutionnelles. C'est dans ce contexte que Zomaï fonde le Cadre de Concertation des Jeunes (CCJ), une plateforme qui ne se contente pas de palabrer, elle agit. Forums citoyens, campagnes de sensibilisation à l'entrepreneuriat, interpellations des élus locaux : le CCJ devient, sous son impulsion, un espace de formation civique autant que de mobilisation politique. Pour Zomaï, la jeunesse n'est pas un électorat à courtiser, c'est une force à construire.


Une décennie d'engagement sans raccourci : c'est le curriculum vitae que Laurent Zomaï présente au Bénin de Wadagni.


Quand Patrice Talon arrive au pouvoir en 2016 avec son projet de réformes profondes, justice, économie, administration, décentralisation, Laurent Zomaï ne se contente pas d'applaudir depuis les tribunes. Il s'engage. D'abord au sein de l'Union Progressiste le Renouveau (UPR), puis comme membre du bureau politique du Bloc Républicain, il travaille à ancrer la majorité dans les territoires, à donner chair aux réformes dans les communes, à convaincre les sceptiques que le changement n'est pas un slogan mais un chantier. En parallèle, son mandat de conseiller communal lui donne à voir, de l'intérieur, ce que gouverner localement signifie réellement : arbitrer des contraintes, écouter des populations, traduire des politiques nationales en réalités quotidiennes.


C'est fort de ce double ancrage, la formation associative et l'expérience partisane, que Laurent Zomaï entre dans la campagne présidentielle de 2026 comme un rouage actif de la machine de mobilisation en faveur du duo Wadagni-Talata. Son rôle n'est pas celui du grand orateur de meeting. Il est celui du travailleur de l'ombre : structurer, rassembler, relayer, convaincre. Pendant que d'autres cherchaient les caméras, lui cherchait les électeurs.


Le 12 avril 2026, Romuald Wadagni est élu avec 94,05 % des suffrages. Dans les jours qui suivent, les querelles de paternité éclatent au sein même de la majorité. Chacun veut sa part du mérite. Zomaï, lui, n'a pas attendu la victoire pour servir, et c'est sans doute ce qui lui vaut, le 3 juin 2026, la confiance du nouveau président.


La préfecture du Zou n'est pas un lot de consolation. C'est une responsabilité exigeante, dans un département dont la charge symbolique, Abomey, les palais royaux, la mémoire du Dahomey  impose une hauteur de vue rare. Le nouveau préfet devra y concilier développement économique, cohésion sociale et rayonnement patrimonial, dans un Bénin qui attend de ses administrateurs territoriaux qu'ils soient les courroies de transmission d'une ambition nationale.


Mais si son parcours enseigne une chose, c'est que Laurent Zomaï n'a jamais reculé devant la complexité. De la mobilisation d'une jeunesse désenchantée à la gestion d'un département historique, le chemin est long — mais il est, depuis dix ans, d'une seule et même pièce. Et dans un pays qui apprend, laborieusement, à distinguer la fidélité méritoire de la simple allégeance, ce type de trajectoire vaut d'être raconté, analysé, et peut-être, reproduit.

Commentaires (2)

AHANHANZO FORTUNE • 2 hours ago

Félicitations au nouveau Préfet du Zou l'engagement et la confiance ont toujours un pris

Adelabou • 1 hour ago

Bravo que nos ancêtres te donne la force d'aller jusqu'au bout

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