Devant le bassin du mémorial Lincoln, symbole de sa présidence assiégée, entre chantiers pharaoniques et polémiques, Donald Trump a martelé lundi soir : « Nous allons gagner. » Sauf que les chiffres disent l'inverse.
Un sondage NBC News publié dimanche crédite le président de 60 % d'opinions défavorables, un désaveu massif nourri par l'explosion des prix et un conflit iranien vieux de huit mois. Si historiquement le parti au pouvoir essuie toujours un revers aux midterms, celui-ci s'annonce potentiellement dévastateur. Le Siena College Research Institute (SCRI) pour le New York Times place désormais les candidats démocrates en tête dans la plupart des États pivots, y compris au Texas et au Kansas, bastions républicains intouchés depuis des décennies.
La Chambre des représentants, intégralement renouvelée, semble promise à l'opposition, qui, elle, compte renverser la table à Washington et reprendre une, voire les deux chambres du Congrès à un Donald Trump affaibli par le coût de la vie et une guerre impopulaire en Iran.
Le Sénat, où 35 des 100 sièges sont en jeu, reste l'incertitude de la soirée, mais un basculement, « inimaginable il y a un an », n'est plus exclu selon l'AFP.
L'enjeu dépasse largement le cadre législatif. Une Chambre démocrate ouvrirait la voie à des enquêtes parlementaires explosives, accusations de corruption, dossier Epstein, tandis qu'un Sénat perdu bloquerait toute nomination judiciaire de Trump. De quoi transformer les deux dernières années de mandat en terrain miné, alors que le président prépare un sommet avec Xi Jinping et Vladimir Poutine déjà surnommé « nouveau Yalta ».
Face à cette menace, le milliardaire a mené une campagne « terre brûlée », dépeignant des démocrates « communistes et djihadistes qui haïssent l'Amérique ». Le sénateur démocrate Raphael Warnock résumait sur CNN l'humeur de son camp : « nauséeusement optimiste ».
Les marchés, eux, scrutent les urnes de près. Selon les analystes de Swissquote, un groupe bancaire suisse spécialisé dans le trading en ligne, l'investissement et les services financiers, un Congrès perdu rendrait « plus difficile l'adoption du programme de Trump ».