Jusqu'à présent, le droit nigérien ne mentionnait pas explicitement l'homosexualité. Le nouveau Code pénal, publié au Journal officiel, change radicalement la donne. Toute relation sexuelle entre personnes de même sexe devient une infraction pénale dans un pays déjà très conservateur et majoritairement musulman.
Le texte prévoit de cinq à dix ans d'emprisonnement et une amende pouvant atteindre 100 millions de francs CFA pour toute relation homosexuelle avérée ou tentée. Les sanctions montent à dix à vingt ans de réclusion pour le mariage entre personnes de même sexe, ou pour toute implication dans la gestion, le financement ou le fonctionnement d'organisations liées aux communautés LGBT+.
Paradoxalement, cette réforme avait été initiée sous l'ancien président Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d'État militaire de juillet 2023. C'est donc le général Abdourahamane Tiani qui en a finalement signé la promulgation. Le ministre de la Justice, Alio Daouda, a revendiqué en mai un choix « souverain », conforme selon lui aux valeurs culturelles du pays.
Le Niger n'est pas un cas isolé. Le Burkina Faso a introduit en 2025 des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison pour les mêmes faits. Le Ghana prévoit jusqu'à trois ans. Au Sénégal, une réforme entrée en vigueur en mars 2026 a durci les sanctions à cinq-dix ans d'emprisonnement. Une tendance qui inquiète profondément les organisations internationales de défense des droits humains, qui rappellent que plus de la moitié des États africains maintiennent déjà des sanctions pénales contre les personnes LGBT+.
Face à cette offensive législative régionale, les associations de défense des droits fondamentaux tirent la sonnette d'alarme, dénonçant une criminalisation croissante des identités et non des actes.