Le webjournalisme s’impose désormais comme une composante incontournable du paysage médiatique béninois. Mais avec l’instantanéité vient aussi une forte pression sur les journalistes. Pour Pesce Hounyo, la priorité ne doit pourtant jamais être sacrifiée à la vitesse.
« Mieux vaut être le deuxième à donner la bonne information que le premier à publier une erreur », insiste-t-elle. Dans un environnement saturé de fake news, la vérification constitue, selon elle, « l’épine dorsale » du métier. Sources, témoignages, documents, images et esprit critique restent ainsi indispensables pour distinguer le journalisme de la simple création de contenus.
La journaliste estime également que le professionnel des médias ne doit pas devenir un simple relayeur. Face aux réseaux sociaux et aux créateurs de contenus, son rôle est plus que jamais de « filtrer, vérifier et chercher du sens », afin d’aider le public à comprendre les événements.
L’intelligence artificielle constitue, à ses yeux, une opportunité technique pour le traitement des données, la transcription ou la structuration des contenus. Mais elle ne saurait remplacer le terrain, le regard humain, l’écoute et le « flair journalistique ».
Aux jeunes qui souhaitent embrasser ce métier, Pesce Hounyo recommande enfin de rester « passionnés mais rigoureux », en privilégiant la formation, le terrain et l’éthique plutôt que la seule quête du buzz.
Une conviction résume son intervention : « L’information est le bien le plus précieux pour éclairer la cité. »