La première photographie de la course au secrétariat général des Nations unies n’est pas favorable à Macky Sall. Réunis à huis clos à New York, les quinze membres du Conseil de sécurité ont procédé à un premier « straw poll », un vote informel destiné à mesurer le niveau de soutien dont bénéficie chacun des candidats.
Pour l’ancien président sénégalais, le résultat est mitigé : 6 membres l’ont encouragé, 7 l’ont découragé et 2 n’ont exprimé aucune opinion. Un score qui le place derrière plusieurs de ses concurrents, notamment la Costaricienne Rebeca Grynspan, arrivée en tête avec 10 voix favorables, et la Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett, créditée de 9 voix « Encourage ».
Macky Sall face à un premier obstacle
Ce premier vote ne signifie pas pour autant que Macky Sall est hors course. Le mécanisme de sélection prévoit plusieurs consultations successives avant qu’un nom ne soit finalement recommandé à l’Assemblée générale. Le candidat retenu devra obtenir au moins neuf voix au Conseil de sécurité, sans opposition d’un des cinq membres permanents disposant du droit de veto.
Mais le rapport de forces révélé jeudi constitue un sérieux avertissement pour le candidat sénégalais. Avec plus de votes défavorables que favorables, Macky Sall devra désormais convaincre davantage de capitales, particulièrement parmi les membres permanents du Conseil.
L’enjeu est d’autant plus délicat que le vote était secret. Il n’est donc pas possible, à ce stade, de déterminer publiquement quels États ont exprimé leur opposition à sa candidature ni si l’un des cinq membres permanents figure parmi les sept « Décourage ».
Le soutien de Dakar arrive, mais tardivement
Cette première séquence intervient quelques jours seulement après un développement politique important au Sénégal. Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement apporté le soutien de Dakar à la candidature de son prédécesseur. Le gouvernement sénégalais avait alors annoncé la mobilisation de son réseau diplomatique pour défendre cette candidature auprès des États membres de l’ONU.
Ce ralliement avait permis à Macky Sall de présenter une candidature désormais soutenue à la fois par le Burundi, qui l’avait officiellement proposé en mars, et par son propre pays. L’ONU confirme que sa candidature a été déposée le 2 mars 2026 par le Burundi.
Mais sur le terrain diplomatique, cette unité retrouvée ne semble pas encore avoir produit l’effet escompté.
L’Afrique face à un scénario compliqué
Le résultat de Macky Sall s’inscrit dans une situation plus large pour le continent africain. L’Afrique compte désormais deux candidats dans cette course, après l’entrée tardive de l’Ougandais Olara Otunnu. Ce dernier a obtenu seulement 2 voix « Encourage », contre 5 « Décourage » et 8 « Sans opinion ».
Le contexte géopolitique ne joue pas davantage en faveur des candidatures africaines. Plusieurs candidates latino-américaines occupent les premières places du premier vote, tandis que la question d’une première femme à la tête de l’ONU pèse également dans les discussions. Une tradition de rotation géographique pousse par ailleurs l’Amérique latine et les Caraïbes à revendiquer cette fois le poste, après les deux mandats du Portugais António Guterres.
Macky Sall peut-il encore inverser la tendance ?
La réponse reste ouverte. Le premier vote n’est qu’une étape dans une procédure qui doit se poursuivre dans les prochains mois. Les consultations vont se multiplier jusqu’à ce qu’un candidat puisse réunir le soutien nécessaire au Conseil de sécurité.
Pour Macky Sall, l’équation est désormais claire : transformer les 6 voix favorables obtenues lors de ce premier test en un socle plus solide et surtout réduire le nombre de voix hostiles.
L’ancien président sénégalais dispose d’une expérience internationale importante, notamment son passage à la présidence de l’Union africaine et son plaidoyer en faveur d’une meilleure représentation de l’Afrique dans les instances de gouvernance mondiale. Mais face à lui, la dynamique du premier vote semble pour l’heure profiter aux candidates latino-américaines.
La bataille est donc loin d’être terminée. Mais après ce premier passage devant le Conseil de sécurité, Macky Sall sait désormais que son chemin vers le sommet de l’ONU sera plus difficile qu’espéré.Angle titre alternatif plus accrocheur : ONU : Macky Sall essuie un premier revers dans la course au secrétariat général.
𝐀𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 à 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐡𝐚î𝐧𝐞 𝐖𝐡𝐚𝐭𝐬𝐀𝐩𝐩👇
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