Londres – Coup de tonnerre sur la scène politique britannique. Le Premier ministre Keir Starmer a annoncé, lundi 22 juin, sa démission de la direction du Parti travailliste, une décision qui met fin à plusieurs mois de spéculations sur son avenir politique.
S’exprimant devant le 10 Downing Street, le dirigeant travailliste a affirmé avoir pris cette décision dans l’intérêt du pays et de son parti. Il a indiqué qu’il resterait chef du gouvernement jusqu’à la désignation d’un nouveau leader du Labour, dont le processus de succession devrait s’ouvrir dès le 9 juillet pour s’achever avant la rentrée parlementaire de septembre.
Cette démission intervient à un moment de fortes tensions internes. La situation de Keir Starmer s’est considérablement fragilisée après l’élection au Parlement de son rival Andy Burnham, populaire maire du Grand Manchester, désormais considéré comme le principal favori pour prendre la tête du Labour et, par conséquent, du gouvernement britannique.
Arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire historique mettant fin à quatorze années de gouvernements conservateurs, Starmer n’a jamais réussi à enrayer la baisse de sa popularité. Malgré plusieurs réformes et un engagement affirmé en faveur du soutien à l’Ukraine, son gouvernement a été confronté à une croissance économique atone et à une hausse persistante du coût de la vie.
Les critiques se sont accentuées après les mauvais résultats du Parti travailliste lors des élections locales de mai dernier, marquées par la progression spectaculaire du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage. Plus d’une centaine de députés travaillistes réclamaient désormais son départ.
Dans la foulée de cette annonce, Nigel Farage a réclamé la tenue d’élections législatives anticipées. Toutefois, le Labour conserve une confortable majorité à la Chambre des communes et aucun scrutin national n’est prévu avant 2029.
À 56 ans, Andy Burnham apparaît aujourd’hui comme le mieux placé pour succéder à Keir Starmer. Figure populaire de la politique britannique, surnommé « le roi du Nord », il promet de réorienter le Parti travailliste afin de reconquérir durablement l’électorat britannique.
Avec le départ de Keir Starmer, le pays s’apprête à connaître son septième Premier ministre en dix ans.
Avec Le Monde et l’AFP